Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 08:17
Source Les Echos | 09/11 | 07:00

Malmené par la flambée des matières premières et la guerre des prix sur le lait, Candia va fermer trois de ses huit usines. Le groupe veut saturer ses lignes de production afin d'être capable d'affronter une concurrence exacerbée à l'approche de la fin des quotas laitiers en 2015.

Premier producteur de lait de consommation en France, Candia s'apprête à restructurer profondément son outil industriel. La société détenue par le groupe coopératif Sodiaal (Yoplait) veut fermer trois de ses huit usines, supprimant ainsi 313 emplois sur un total de 1.465.

Les trois sites concernés fabriquent 300 millions de litres de lait par an, soit 20 % de la production de Candia. A l'avenir, ces volumes seront traités par les cinq autres usines de la société. Aucun changement, donc, pour les agriculteurs qui livrent leur lait à Candia. Les salariés touchés par la réorganisation recevront des propositions de reclassement dans les autres sites du groupe ou dans des usines partenaires. Les dirigeants se sont en outre engagés à chercher des solutions de réindustrialisation des trois sites touchés.

Le projet présenté hier matin en comité central d'entreprise (CCE) concerne les laiteries du Lude (Sarthe), de Villefranche-sur-Saône (Rhône) et de Saint-Yorre (Allier). L'usine de Lude, qui se trouve être dans le département de Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Pêche, devrait cesser son activité mi-2014. Les deux autres le feront d'ici à un an, fin 2013.

Cette réorganisation représente une charge exceptionnelle «  très importante » que le groupe refuse de chiffrer. Elle devrait être imputée sur les comptes de 2013. Le projet est assorti de la création de 70 nouveaux emplois et d'un investissement de 60 millions d'euros destinés à moderniser l'outil industriel. «  Nous avons l'ambition de redéployer la marque, d'augmenter la production et l'exportation », précise Maxime Vandoni.

Candia souffre d'un manque de compétitivité chronique, qui s'est aggravé depuis deux ans avec la guerre des prix sur le lait et la flambée des coûts des matières premières. La difficulté de répercuter, dans les tarifs à la distribution, les hausses du carburant, du carton, du plastique et du lait a lourdement affecté les comptes. Résultat, Candia a plongé dans le rouge en 2012 et bouclera son exercice sur une perte opérationnelle de 26 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 1,2 milliard d'euros.

Un nouveau modèle industriel

En 2011, le résultat opérationnel s'était élevé à 10 millions d'euros. Une performance obtenue au prix d'économies drastiques sur les investissements publi-promotionnels. Mais la marque a souffert de cette baisse des investissements publicitaires en 2012.

En restructurant son outil industriel, Candia espère regagner en compétitivité et renouer avec les bénéfices en 2015. Pour y parvenir, le groupe veut saturer les lignes de production et entrer dans une logique de massification. L'entreprise a défini «  un modèle industriel europerformant », explique Maxime Vandoni, le patron de Candia. Celui-ci doit être capable d'affronter la concurrence exacerbée des pays du nord de l'Europe, à l'approche de la fin des quotas laitiers, en 2015.

A l'avenir, chaque usine Candia devra se trouver au coeur de sa zone de chalandise. Et produire 400 millions de litres de lait par an, en brique et en bouteille (désormais plus conformes au goût du consommateur).

Les cinq sites préservés ont vocation à combiner l'approvisionnement de la région dans laquelle ils se trouvent et l'exportation. Campbon (Loire-Atlantique) servira la région et l'étranger, Awoingt (Nord) la Belgique et le Royaume-Uni, Vienne (Isère) produira pour l'Italie et Lons (Pyrénées-Atlantiques) pour l'Espagne. La Talaudière (Loire) reste dédiée à la fabrication des laits infantiles, qui requièrent une technicité particulière.

MARIE-JOSÉE COUGARD, Les Echos

Partager cet article

Repost 0
Published by Bertrand Molliere - dans Info
commenter cet article

commentaires