Le groupe volailler a déposé, vendredi, auprès du tribunal de commerce de Quimper (Finistère), son offre de reprise de l'usine Doux de Laval. Dans cette offre, LDC reprend tous les emplois (303), en CDI (contrats à durée indéterminée) comme en CDD (contrats à durée déterminée). Toutefois, il faut attendre le 10 septembre. C'est en effet, à cette date que le tribunal de commerce de Quimper se prononcera en faveur (ou pas) de ce projet de reprise du groupe Doux.

Vendredi, devant l'usine lavalloise, les salariés de l'équipe du matin restaient prudents. « On est soulagés, mais on attend de voir nos prochains patrons... », lance un ouvrier. Il faut dire que les nerfs ont été mis à rude épreuve depuis plusieurs semaines. « Les salariés ont été dégoûtés par la décision du tribunal de commerce, début août. » À cette époque, le tribunal avait rejeté l'offre de reprise du site de Laval par Sofiprofitéol.

LDC et Laval, même région

« Les conditions de cette reprise étaient pourtant très intéressantes, explique David Combot, délégué CGT. La totalité des salariés obtenaient une garantie de l'emploi pendant deux ans. Et le groupe assurait qu'il allait investir de façon importante sur le site. » Ce qui explique que le délégué CGT se montre prudent lui aussi. « J'attends avec impatience les conditions de cette reprise de LDC. »

La page Doux semble définitivement tournée. Si bien qu'il est difficile de trouver un salarié pour défendre le groupe breton. « On ne veut plus en entendre parler, lâche Serge. Charles Doux a fait fortune sur notre dos. Et il n'a pas payé les salaires de juillet ! » Annick, 12 ans d'entreprise, ne mâche pas non plus ses mots à l'encontre de son ancien patron. « Les gens ne veulent plus de Charles Doux. Sur les chaînes, il y en a qui commençaient à craquer. »

Les représentants des salariés reconnaissent qu'il y a des différences culturelles entre Doux et LDC. « Le patron de LDC, Denis Lambert, est venu nous serrer la main avant de présenter son offre de reprise. On n'a jamais vu ça avec Charles Doux », juge Liliane Saulou, déléguée FO. C'est un bon point pour LDC, qui a également la réputation d'investir dans ces usines. « Ce n'est pas le cas de Doux, affirme David Combot. Résultat, l'outil de travail a vieilli. Mais le site de Laval n'est pas obsolète. D'ailleurs, la chaîne de montage est moderne et les conditions de travail se sont améliorées depuis dix ans. »

Finalement, l'identité LDC semble naturelle pour les salariés de Laval. « C'est vrai. Nous sommes dans la même zone géographique. » Espérons que cette volonté de rapprochement du groupe et des salariés sera entendue par le tribunal de commerce.

 

Jean-François VALLÉE